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  • Elise Turquin : doctorante en ingénierie territoriale

000_00892Elise Turquin

Doctorante de l’ARC 7 « Innovations, mobilités, territoires et dynamiques urbaines »

Participer à la réflexion et proposer des pistes d’action autour de la formation, dans ses articulations et complémentarités avec le monde de la recherche et celui de l’action, telle est la mission d’Elise Turquin dans le cadre de sa thèse sur l’ingénierie territoriale.

   


De la formation professionnelle à la thèse

Après un Bac SES obtenu en 2002, Elise Turquin a effectué une première année de Licence de géographie, avant d’intégrer un IUP en aménagement et développement territorial à l’Institut de Géographie Alpine et l’Institut d’Urbanisme de Grenoble (Note 1). Elle termine sa formation par un master 2 professionnel « Analyse spatiale et prospective territoriale » à Poitiers.

Suite à un premier CDD d’un an dans un bureau d’études sur des questions liées au développement rural, Elise Turquin est embauchée en tant qu’ingénieur d’études sur le projet de recherche IngéTerr (note 2). Dans ce cadre, elle a mené à bien des travaux de revue de littérature, de conduite d’entretiens et d’enquête auprès des décideurs et acteurs du développement territorial qui lui ont permis de se familiariser avec une culture scientifique peu présente dans son parcours de formation : au-delà de la démarche de recherche à proprement parler (méthodologie, construction d’un raisonnement scientifique), c’est plus largement le monde de la recherche qu’elle a appris à connaitre, dans ses dimensions sociales, stratégiques ou encore gestionnaires.

En octobre 2010, Elise Turquin obtient une Allocation Doctorale de Recherche (ADR) de la Région Rhône-Alpes au sein de l’ARC 7, pour une durée de trois ans.

 

Réinterroger le concept d’ingénierie territoriale

Le sujet de thèse proposé par l’ARC 7 « Innovations, mobilités, territoires et dynamiques urbaines » sur la thématique de l’ingénierie territoriale, a été pour Elise Turquin une opportunité de prolonger une réflexion engagée dans le cadre du projet IngéTerr. Si une remise à niveau des bases méthodologiques et théoriques a été nécessaire lors de la première année de thèse, sa formation initiale professionnelle en ingénierie de territoire a été un atout majeur, dans la réflexion qu’elle porte actuellement sur cette ingénierie.

Un des enjeux de la thèse d’Elise Turquin sera de formaliser une réflexion sur des pratiques de formation en ingénierie territoriale relevant aujourd’hui d’une forme de bricolage (voir l’encadré « EN BREF 2 »). Mais il s’agira également de cerner en quoi l’évolution des pratiques professionnelles questionne les mondes de la recherche et de l’enseignement, dans leur rapport à l’action notamment. Car si la science classique d’analyse va vers une spécialisation des disciplines et une séparation entre théorie et action, cette approche manque de pertinence pour tenter de saisir cet objet complexe et transversal qu’est le territoire. Pour Elise Turquin, une approche scientifique du territoire ne peut se construire qu’en pensant son lien à l’action et à l’innovation. Les « applications » de la thèse d’Elise Turquin se traduisent donc essentiellement par une participation aux chantiers de réflexions en cours.

Un tremplin vers d’autres recherches

En sus de son travail de thèse, Elise Turquin participe actuellement au volet « valorisation » du projet IngéTerr qui consiste à croiser les regards d’enseignants-chercheurs et de praticiens sur des questions d’actualité dans les métiers du développement territorial. Quatre publications à destination des agents de développement sont prévues d’ici à décembre 2013, dont deux déjà disponibles : http://www.caprural.org/regards-croises-sur-le-metier

Elle participe par ailleurs, à un projet de recherche-action sur l’adéquation emploi-formation dans le champ du développement territorial, ainsi qu’à un projet de prospective sur ces métiers. Ces deux projets, engagés en 2011 alimenteront notamment le congrès des développeurs territoriaux organisé les 3 et 4 juillet 2013 à Valence : http:www.congres-developpeurs-territoriaux.fr/

La participation à la vie du laboratoire constitue également une activité importante pour Elise Turquin, via la participation à des séminaires de réflexion ou l’organisation de rencontres scientifiques. L’organisation des 3èmes rencontres scientifiques internationales « territoires, territorialité, territorialisation » sur le thème de l’hybridation a ainsi été pour elle l’occasion de découvrir la face cachée d’un laboratoire, à savoir tous les aspects gestionnaires et logistiques inhérents à de telles manifestations : http://ttt3-grenoble.sciencesconf.org/

   

   

EN BREF 1

Le soutient des ARC au travail du thésard : financement et sécurité

La Région apporte un soutien financier sur deux aspects complémentaires: le salaire et l’accompagnement au travail de thèse. La rémunération offre au doctorant un statut de salarié, avec tous les avantages qui en découlent. Cette sécurité financière, non acquise pour tous les doctorants, permet une grande liberté dans le travail de recherche, celui-ci n’étant pas conditionné par un emploi «alimentaire».

La bourse d’accompagnement permet quant à elle le financement de déplacements, d’inscriptions aux colloques ou autres rencontres, de matériel ou de logiciel, d’ouvrages…

Autrement dit, cet accompagnement donne au doctorant une marge de manœuvre considérable, en termes techniques et humains. Car si le travail de recherche est éminemment personnel, il s’inscrit plus largement dans une dynamique collective où les rencontres et les échanges sont déterminants. Et les lieux de rencontre ne sont pas toujours accessibles en tram !


EN BREF 2

L’ingénierie territoriale : une expertise encore jeune

La notion d’ingénierie associée au territoire est récente. Elle émerge en 2003 pour tenter de qualifier les pratiques professionnelles du développement territorial. La définition n’est pas encore stabilisée, et tend à recouvrir les outils, les compétences et les savoirs nécessaires aux professionnels de ce champ. Mais elle désigne également les différents acteurs (collectivités, agents de développement, élus, centres de ressources, chercheurs, formateurs…) œuvrant pour et dans le développement territorial. Autrement dit, l’ingénierie de territoire recouvre les processus mis en œuvre par les acteurs pour impulser et pérenniser une démarche de développement pour et sur un territoire.

Or, face à la complexité toujours croissante du paysage de l’action publique territoriale (nombre d’acteurs en présence, transversalité des problématiques, injonctions au développement durable ou à la participation, enjeux de civilisation…) et à la réduction des moyens (humains et financiers), les acteurs en charge de ce développement se trouvent confrontés au besoin de faire différent et différemment. Ce besoin d’innovation interpelle l’université tant dans ses missions de recherche (production de nouvelles connaissances) que de formation, initiale et continue. En effet, selon une enquête menée auprès des agents de développement en Rhône-Alpes en 2009, plus de 70% d’entre eux ont une formation universitaire (Bac +5 majoritairement).

Mais si les chercheurs commencent à se saisir des pratiques professionnelles (ingénierie territoriale) comme objet d’études, peu de réflexions existent sur la question des formations (initiales et continues): à quels métiers former et quels savoirs transmettre ? Quelles compétences nécessaires et comment favoriser leur apprentissage ?


Note 1 : Cette formation, qui n’existe plus suite à la réforme LMD, proposait un parcours professionnalisant sur trois ans.

Note 2 : Visant à mieux circonscrire les cadres et concepts de l’ingénierie territoriale, ce projet a été co-construit par les acteurs et les chercheurs dans le cadre du programme Pour et Sur de Développement Régional (PSDR3) : programme co-financé par les Régions et l’INRA, dont le but est de produire des connaissances scientifiques sur les enjeux de développement régional mais également à fournir des outils d’aide à la réflexion et à la décision à ses acteurs.